Une nouvelle saison pour Mission Mondiale

Une entrevue avec Jeremy Feller
par Darcy McAlister et Ryan Hazzard
Le révérend Jeremy Feller a été élu Directeur exécutif pour Mission mondiale au mois de mai lors du Congrès général 2026 à Halifax, en Nouvelle-Écosse. Auparavant, il était un ouvrier international en Éthiopie et le directeur régional de Mission mondiale pour l’Afrique et le Moyen-Orient.
Cette entrevue a été retravaillée à des fins de clarté et de longueur.
Peux-tu vous présenter, ta famille et toi, pour ceux qui commencent tout juste à vous connaître?
Mon nom est Jeremy Feller. Je suis marié à Teresa et nous servons en Éthiopie depuis 23 ans. Nous avons 3 enfants : Timothy et Bethany, 13 ans et Zoe, 12 ans.
Quels sont certains des moments marquants de ton ministère?
Le premier moment marquant a été de voir une communauté mobilisée par un groupe de personnes de leur entourage proche. Alors qu’ils sont allés à la rencontre d’un communauté voisine de culture islamique, nous avons vu plusieurs églises être implantées (finalement, plus de 40) au sein de ce groupe ethnique. Le nombre de baptêmes n’a cessé d’augmenter à mesure que de plus en plus de personnes ont découvert la liberté, l’espoir et l’amour en Christ.
Ce qui m’a le plus marqué et qui reste pour moi un moment fort, c’est le baptême de 3 755 personnes lors d’un seul événement : l’œuvre d’une église locale qui a commencé à envoyer des implanteurs, ce qui a donné naissance à un mouvement et a abouti à un vaste mouvement d’implantation d’églises.
Plus récemment, un des moments marquants a été l’envoi d’ouvriers avec un grand dévouement; beaucoup d’entre eux sont partis avec le nécessaire pour un mois de frais de subsistance et de transport seulement. Pourtant, ce que nous voyons est une moisson incroyable d’églises implantées au milieu de peuples non atteints, à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Au cours de leur mission, ils risquent l’emprisonnement et la persécution, et les témoignages qui en ressortent ont captivé nos cœurs alors que le royaume de Dieu continue de s’étendre.
L’envoi d’ouvriers dans les champs pour la moisson, particulièrement ces dernières années, alors que leur nombre s’est compté par centaines, puis par milliers, a été exceptionnel.
Quel était le sujet de ta thèse de doctorat et en quoi cela te sera-t-il utile dans ton nouveau travail?
Dans mes travaux de doctorat, je me suis penché sur la formation spirituelle. Le titre était Le discipulat rempli de l’Esprit : formation spirituelle pour le leadership pentecôtiste. L’essence du discipulat est de nature holistique. Plusieurs ont des tendances à la compartimentalisation dans leur parcours spirituel et beaucoup de gens aiment les boîtes qui nous permettent de penser aux choses séparément; théologiquement, spirituellement ou de manière pratique. Mon cœur est conquis par la nature holistique du discipulat qui englobe toute la personne et qui façonne tout ce que nous faisons et ce que nous sommes.
Je trouve cela excitant de trouver un processus d’évaluation qui se penche réellement sur le fruit de l’Esprit. Avec un peu de clarté, les croyants peuvent participer activement aux aspects complexes de la croissance spirituelle grâce à l’auto-évaluation ou à l’évaluation par les pairs à la lumière du fruit de l’Esprit.
Pour moi, la nature holistique d’une communauté formant des disciples est centrale pour ce qui se déroulera dans la prochaine saison. Je pense que nous avons besoin d’une saison durant laquelle nous serons pleinement consacrés à être des disciples et à faire des disciples. Ce n’est pas notre travail : c’est ce que Dieu nous appelle à être, et c’est de notre être même que découle la formation de plus de disciples.
Quelles seront certaines de tes priorités?
Lorsque nous réfléchissons à nos priorités pour la saison à venir, je pense que deux axes prioritaires nous indiquent clairement la direction à suivre : premièrement, les populations les moins évangélisées, et deuxièmement, les plus vulnérables. Le cœur de notre appel, ce qui donne la direction à notre appel en tant que Mission Mondiale, est la formation de disciples. Où faisons-nous cela? Qu’est-ce qui fait qu’une chose devient une priorité? C’est lorsque les personnes que nous atteignons sont les moins atteintes ou les plus vulnérables. Et c’est sans doute dans ces conditions que nous donnons le meilleur de nous-mêmes.
Dieu nous appelle à mener des entreprises missionnelles là où la société est la plus brisée et où le besoin de Christ se fait le plus cruellement ressentir. Agir dans ces régions demandera premièrement une maturité spirituelle, du discernement, un engagement et un appel, et deuxièmement, de la créativité, de la diligence et de la résilience pour passer au travers des différents défis que ces contextes occasionneront à nos ouvriers.
Comment envisages-tu que notre Fraternité continue de s’accorder avec ces priorités?
Lorsque je regarde l’église canadienne, notre famille des APDC, je souhaite que la prochaine génération soit formée comme disciples non seulement pour être des fidèles assis sur les bancs d’églises, mais aussi pour prendre part à la mission de Dieu. Je vois une église en croissance; notre famille des APDC grandit, et nous constatons une amélioration de l’efficacité à mesure que la nouvelle génération est formée en tant que disciples.
Le désir de mon cœur est qu’ils ne soient pas seulement membres d’une communauté locale, mais des participants actifs, activement engagés dans la formation missionnelle de disciples. Nous sommes dans une très bonne saison avec des dirigeants exceptionnels qui sont porteurs d’espoir pour les communautés à travers le Canada où nos églises sont implantées, et animés par un sentiment d’appel et d’engagement envers les endroits où nos églises ne sont pas encore présentes ou qui sont en difficulté, en marge de la société.
Qu’est-ce qui te frappe le plus dans ce qui se passe à l’étranger?
Lorsque je m’émerveille devant ce que Dieu accomplit, je regarde notre communauté de Mission mondiale telle qu’elle est aujourd’hui et j’y vois une réelle efficacité. Je suis inspiré par ceux qui ont une vision et une passion incroyables pour faire grandir le royaume. Je pense à certaines de nos œuvres en Afrique et au Moyen-Orient; certains de nos ouvriers qui ont lancé un mouvement d’envoi de missionnaires auprès de peuples non évangélisés. Leurs églises ne sont peut-être pas grandes ou financièrement stables, mais ils disent : « dès notre création, nous avons cet appel, et nous n’attendrons pas que tout soit en place. Nous serons de fidèles intendants de la mission de Dieu. ». C’est un aspect essentiel qui me stimule.
En quoi le fait de prier, de donner et d’aller permet-il de faire avancer les choses?
Je pense que l’Église canadienne a des gens, et que nous avons des ressources. Lorsque je pense à des gens, il y a des gens de prière, des gens qui ont les moyens, et des gens d’action.
Nos gens sont des gens de prière. Nos gens de prière sont des intercesseurs, et nous avons une longue tradition d’être des gens de prière et conduits par le Saint-Esprit. C’est quelque chose que nous pouvons faire dès maintenant et qui aura un impact sur l’Église universelle : prier pour ces peuples, afin que Dieu nous mette à cœur d’aller vers eux.
Les gens qui ont les moyens sont ceux que Dieu a appelés à être généreux pour l’expansion du royaume. C’est de ces gens dont Paul parle dans Philippiens 4 : « Chaque fois que je pense à vous, je remercie Dieu [1]. » et « Je peux tout par celui qui me fortifie [Christ] [2]. » C’est cette confiance que Paul met en lumière.
Et puis il y a les gens (d’action) (motivés). Il y a des opportunités qui s’offrent à nous au travers Mission mondiale en tant que Fraternité d’églises. Cela nous demande de prendre des risques. Nous ne pouvons pas nous contenter de faire sans cesse ce qui est sans risque et essayer de ne pas faire de vagues. Nous sommes appelés à poursuivre sans relâche la mission de Dieu.
Quelle est la chose que tu aimerais inviter les dirigeants canadiens à faire?
Premièrement, priez avec nous. Ensuite, donnez-nous l’occasion de parler des endroits où Dieu fait son œuvre et de ce qu’il fait. Nous entretenons depuis longtemps de solides relations à l’échelle internationale, et c’est précisément ce qui me m’enthousiasme : nous avons réussi à y parvenir ensemble. Permettez-nous de faire ce que nous savons faire de mieux, et renforçons ainsi l’efficacité de notre action à l’échelle mondiale.
Quelles sont les vérités bibliques qui façonnent ta philosophie des missions?
Premièrement, c’est le résultat de la création; que nous sommes créés à l’image de Dieu, chaque personne, avec dignité et valeur. Cela signifie que Christ est mort pour chaque personne. Ce principe fondamental veut dire que nous avons tous la responsabilité de prendre soin des plus vulnérables, d’apporter l’espérance de Christ à ceux qui sont les moins touchés par l’Évangile, d’être des intendants responsables de la mission de Dieu et d’être des intendants responsables de la création de Dieu.
La deuxième vérité fondamentale est que Jésus est l’espoir du monde. Cette réalité, que nous découvrons dans 1 Pierre, reste vraie quelles que soient les circonstances. Parmi les peuples où l’Église n’est pas encore établie, ou là où elle en est à ses balbutiements au milieu de persécutions intenses, les paroles de 1 Pierre résonnent : nous pouvons nourrir cet espoir car nous sommes des prêtres royaux, un peuple choisi [3]. Nous sommes ceux pour qui Jésus est mort. Cela me remplit d’enthousiasme et d’espoir en ces temps tumultueux.
Ainsi, alors que nous nous engageons dans cette philosophie de la mission, notre fondement est clair : premièrement, tous sont créés à l’image de Dieu. Deuxièmement, Jésus est l’espoir du monde.
Darcy McAlister est le directeur des communications et du développement pour Mission mondiale. Ryan Hazzard est le responsable des communications.
1. Ph 1.3.
2. Ph 4.13.
3. 1P 2.9.
Cet article est paru dans le numéro d’octobre/novembre/décembre 2026 de testimony/Ressources, une publication trimestrielle des Assemblées de la Pentecôte du Canada. La revue Ressources est publiée en français seulement. © 2026 Les Assemblées de la Pentecôte du Canada.
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